Revue de presse : entretien du Recteur de l’UFAR au quotidien « Aravot » sur le projet UFAR20+

20/02/2019

traduction non officielle de l’article de Gohar Hakobyan publié le 19-02-2019 dans « Aravot » en langue arménienne 

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UFAR20+ est un projet de partenariat entre l’Université française en Arménie (UFAR) et le centre TUMO. Avec ce projet, les partenaires souhaitent investir pour l’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur et garantir sa constante adéquation aux attentes du marché. Pour réaliser ce projet, une levée de fonds de 3 millions d’euros est lancée. D’ailleurs, Emmanuel Macron, Président de la République française a placé sous son haut patronage cette levée de fonds internationale. Dans son échange avec « Aravot », le professeur Jean-Marc Lavest, recteur de l’Université française en Arménie rappelle que l’UFAR, en tant qu’université francophone, a un rôle majeur pour la francophonie en Arménie et dans le Caucase. C’est aussi un des acteurs importants de la formation de la jeunesse arménienne qui accompagne depuis des années le développement économique du pays.

 

Depuis qu’il est recteur de l’UFAR, Jean-Marc Lavest a remarqué que le secteur des nouvelles technologies a une importance croissante pour l’économie arménienne : « Ce secteur se développera sous deux conditions : première, si les entreprises arméniennes et étrangères investissent dans le secteur, et deuxième, si les acteurs de l’enseignement supérieur arrivent à préparer de bons spécialistes. L’enseignement supérieur demande du temps, il y a des années entre le moment où nous commençons à former les étudiants et le moment où ces étudiants investissent dans l’économie. Et l’enseignement supérieur a un sens seulement quand il est de qualité. Dans quatre ans, l’UFAR a l’intention de doubler le nombre de ses étudiants. C’est la raison pour laquelle nous voulons prévoir dès maintenant les besoins et préparer ce développement », souligne notre interlocuteur. Il ajoute également que de nouveaux partenariats sont en train de se nouer, il y a beaucoup d’idées, et pour les mettre en œuvre, il est nécessaire d’agrandir l’université, d’avoir un nouveau campus. « Nous avons commencé un partenariat avec Simonian Educational Foundation et TUMO avec qui on dessine l’université de demain qui sera attractive non seulement pour les Arméniens, mais aussi pour les étrangers. TUMO a une grande qualité de gestion de projets, ils ont des partenariats avec les meilleurs spécialistes dans le monde entier ainsi qu’une expérience de mener les élèves du niveau académique au niveau de gestion de projet. S’intégrer dans la vie professionnelle est une chose importante pour les étudiants : concernant la nouvelle filière d’Informatique et mathématiques appliquées de l’UFAR, par exemple, à l’issue de la quatrième année d’études, tous les étudiants auront participé à 300 heures de projets réels. »

 

Si le projet UFAR20+ se réalise, l’Université française deviendra le pôle francophone de la future Silicon Valley arménienne et aura une position de leader en enseignement supérieur en Arménie et une visibilité et une attractivité internationales. En parlant du haut patronage du président de la République française, le recteur souligne : « Quand on lance une levée de fonds, un des éléments importants est la confiance des partenaires qui garantit aussi leur motivation. Dans le cas d’une université intergouvernementale, quand un des deux chefs d’Etat dit que le projet est important, c’est déjà une belle garantie. Nous sommes fiers, que parmi les deux éléments importants du discours du président du 5 février, l’un est la déclaration du 24 avril comme journée de commémoration du génocide arménien, et le second, c’est le haut patronage qu’il apporte à la levée de fonds. Cela montre que le gouvernement français suit avec attention l’activité de l’UFAR et mesure l’importance de notre projet pour le développement des relations des deux pays. Je sais très bien que le gouvernement arménien est également très attentif à notre université, car l’UFAR est un projet commun. Le gouvernement arménien a toujours soutenu ce projet, je le répète souvent quand je suis en France. L’Université française en Arménie ne peut pas évoluer sans le soutien d’un des deux gouvernements, français et arménien.

Le fait que la campagne soit lancée par le président français au dîner du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France est un message important pour la communauté arménienne de France. Nous allons également organiser trois dîners de gala en France : à Paris, à Lyon et à Marseille. »

 

Jean-Marc Lavest remarque également qu’il a pu échanger au sujet du projet UFAR20+ avec des Arméniens de tous les coins du monde lors des cérémonies de la 90e Assemblée générale de l’UGAB qui s’est tenue à Paris, il y a quelques jours.

« Nous avons déjà un investissement très important : la présidente de la région Ile-de-France qui était venue en Arménie il y a quelques semaines, a annoncé vouloir soutenir le projet avec un montant très important. Mme Pécresse a été Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en France et c’est elle qui a fait les réformes des universités en 2008. Je pense qu’elle mesure bien le rôle de l’UFAR dans le développement de l’Arménie et des relations franco-arméniennes. Nous prévoyons également des collaborations avec d’autres régions autour de ce projet : le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes se rendra en Arménie dans le deuxième semestre 2019, nous attendons aussi la visite du président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur au mois de juin. »

Le recteur tient à souligner que le premier donateur du projet est un Arménien. Il est convaincu que, même si la somme de 3 millions € est importante, on peut l’atteindre, car il n’y a pas de montant minimum : par exemple, un don de 1000 drams est possible et important pour la réalisation du projet.

Jean-Marc Lavest confirme que les résultats de l’investissement dans l’éducation, on ne les voit des années plus tard, mais il est assuré qu’il n’y a pas de pays qui se développe sans le développement de son enseignement supérieur. Une formation de qualité est une clé pour les jeunes pour trouver du travail en Arménie, fonder une famille et vivre en Arménie.

 

Le recteur répète souvent que la mission d’une université, ce n’est pas de délivrer un diplôme mais d’offrir des compétences qui conduiront à une carrière réussie. Il souligne la responsabilité sociale qu’ont les universités vis-à-vis les familles : « Les parents nous confient leurs enfants à 18 ans, et pendant 4 ou 6 ans nous devons les « garder » et renforcer leurs capacités professionnelles. Dans un sens, c’est un contrat que nous faisons avec les familles, un contrat non seulement financier mais aussi moral. Et si ce contrat réussit, l’étudiant entre dans le monde économique en tant qu’un citoyen qui a son travail. Dans ce cas, on peut dire que l’université a assuré sa mission de participer au développement du pays. L’université doit être ouverte aux mondes économique et géopolitique, elle doit prévoir les changements structurels pour pouvoir former les jeunes dont le pays a besoin. Aujourd’hui, l’enjeu pour les universités c’est d’être informées et flexibles pour pouvoir s’adapter aux besoins du marché. J’ai une grande confiance dans le développement économique de l’Arménie, je sais que la voie est dure, mais qu’elle est surmontable grâce à la plus grande richesse de l’Arménie qu’est sa jeunesse. Il faut investir dans la formation et le potentiel de cette jeunesse car, comme on le dit, même si tu as tout perdu, on ne peut jamais t’enlever ce que tu as appris », résume le recteur.