Portraits d’ufariens entrepreneurs (4). De la pratique à la théorie : le modèle inversé par Albert Kochinyan

12/03/2019

Dans le monde académique, le chemin habituel va de la théorie à la pratique, et nous avons l’habitude à l’université d’apprendre les secrets de réussite sur des exemples des histoires connues ou des théories bien étudiées. Une fois arrivé au monde du travail, l’application de cette théorie s’avère être parfois difficile, on se rend compte que l’on ne « sait » pas travailler. La théorie commence à servir après une certaine phase d’adaptation au nouveau monde où on travaille sur des cas réels.

 

Cependant, dans le domaine de l’entrepreneuriat, les places de la théorie et la pratique peuvent être inversées. Albert Kochinyan, étudiant en 3e année Marketing a l’habitude d’apprendre sur ses propres expériences, ensuite les compléter avec la théorie. Il y a 6 mois, il a ouvert son « ABOvyan bakery - CoffeeLab », boulangerie et point café à la croisée des rues Abovyan et Sayat-Nova. A la question si un business plan est à l’origine de son affaire, Albert répond : « J’ai commencé à travailler dans la gestion d’une boulangerie il y a maintenant 6 ans, avec mon père. Quand j’ai décidé de lancer ma boulangerie, je me suis appuyé sur mon expérience ainsi qu’une petite étude du marché, mais rien de formel. Je n’ai pas fait de business plan ». Il s’inscrit donc à l’UFAR, pour donner une base théorique à ce qu’il sait, a priori, déjà faire.

 

Pour son affaire, Albert a d’abord commencé par identifier sa clientèle et ses besoins : « Mes clients sont le plus souvent les gens qui travaillent dans les boutiques de mode de la rue Abovyan. Je connais à peu près les salaires des conseillers de vente et j’en déduis qu’ils ne voudront pas aller tous les jours manger dans les restos situés dans la même rue. J’essaye donc de faire une offre qui soit en correspondance avec leurs possibilités ». Pour Albert, l’approfondissement du business plan viendra après son expérience de terrain : en quatrième année de Marketing à l’UFAR, tous les étudiants participent à la création d’un business plan, sur un projet réel ou fictif. Albert pourra donc s’appuyer sur l’analyse de son entreprise et formaliser complètement son plan d’affaire, chiffres à l’appui.

 

En ayant travaillé dans la gestion de la boulangerie de son père, Albert sait déjà motiver une équipe : il faut proposer à chacun les solutions dont il a besoin, un salaire avec intérêts pour l’un, une place de parking gratuit pour l’autre. Il avoue cependant : « Le plus difficile dans une entreprise, c’est la gestion de l’équipe. Il faut savoir bien recruter dès le début, mais ce n’est jamais gagné, surtout dans le domaine en lien avec la restauration ». Content de sa réussite – il travaille avec un bilan financier positif depuis le premier mois – Albert a d’autres projets de business toujours en relation avec la nourriture. Ses études et son expérience lui apprennent que chaque affaire nécessite une approche différente, selon le contexte et le produit. Si pour sa boulangerie actuelle il n’a pas besoin de publicité car il mise sur la visibilité de l’emplacement, pour ses autres projets il passera par des canaux de communications habituels, comme les réseaux sociaux et la télévision.